
8.04.2010
Inception - Christopher Nolan

7.14.2010
Porky's Review / Internet Archive
6.14.2010
Notes de projection – A Soldier’s prayer / 13.6.10

Je connais Claude R. Blouin de deux sources.
Il a présenté la projection, il y a un mois, d’un autre film de Kobayashi – Hymn to a Tired Man. Il paraissait d’abord surexcité par le film, le réalisateur et cette projection, au point de donner l’impression de perdre de vue la direction que prenait son allocution. Il s’avéra en bout de présentation qu’il avait tout prévu, même les détours, peut-être même les emportements critiques et émotifs, et qu’il était admirablement doué pour traiter de ce sujet.
Claude R. Blouin a aussi été un chargé de cours – cinéma japonais - à l’Université de Montréal, auquel a assisté D., professeur de cinéma au Collège Ahuntsic. Ce dernier racontait, à qui voulait bien l’entendre, à quel point ce cours avait été déterminant pour la perception qu’il a du septième art – lui qui ne jurait que par les films de kung-fu et de samurais à cette époque avait trouver quelqu’un pour lui en révéler les tangentes qui lui permettraient de découvrir diverses facettes de la cinématographie japonaise et d’autres cinémas.
Dimanche dernier, M. Blouin présentait A Soldier’s Prayer, toujours de Masaki Kobayashi. Sa présentation prenait un peu les allures d’un rapport de projection – ce qui s’expliquait par le cadre de la série dans laquelle était présenté le film : Flashback sur le Festival International de Film de Montréal. Le choix du film de Kobayashi, troisième opus d’une trilogie se voulant un œuvre entière et indivisible selon la volonté de son auteur – scission que certains ont critiqué – était plutôt lié à une projection montréalaise légendaire, lors du festival en question. Il nous fît alors, au fil de son discours, un résumé des deux films précédents ce dernier volet,: « … résumé que […] avait pris la peine, à l’époque, de faire devant le public, pour assurer le meilleure compréhension possible de chacun ». Mais l’intérêt principal de sa présentation est le récit qui suit, celui de la légende qui lia Kobayashi au public cinéphile de Montréal.
Blouin avait 16 ou 17 ans à l’époque d’une des premières projections hors du Japon de ce film de Kobayashi. Ce fût une séance nocturne. Le film d’un peu plus de trois heures débuta à minuit et se termina donc aux petites heures du matin. Le jeune homme n’eut pas la chance d’assister à cet événement, mais il en entendit parler, et en entend toujours parler aujourd’hui. C’est dire combien cette soirée de cinéma eu de l’effet, à travers le temps. Au grand malheur de Blouin, son jeune âge l’empêcha de sortir aussi tard. On lui raconta par contre quelle soirée ce fût! Pas un seul spectateur ne sortit de la salle et Kobayashi eu droit à l’ovation générale en fin de projection. Un article que Blouin n’avait jamais lu jusqu’à tout récemment – ce qui est tout à fait étonnant de la part de l’incroyable expert en la matière qu’il est devenu – détaillait le nombre des spectateurs à plus de 1500, nombre inusité pour l’heure tardive de l’événement. Le FIFM était à l’époque d’une importance capitale pour les cinéphiles québécois. Les différentes éditions de l’événement leur permettaient enfin de voir des films nouveaux, renouvelants les perspectives possibles sur le cinéma. Le but d’un tel festival était aussi, et surtout, de convaincre les distributeurs locaux de la viabilité d’une diffusion de films d’auteurs étrangers, au Québec. Cette projection de A Soldier’s Prayer ne manqua pas de convaincre. Blouin pu finalement voir ce film six mois plus tard, commercialement distribué à Montréal.
Au-delà de cette expérience nocturne, condition si chérie par les cinéphiles, c’est la sortie du théâtre qui causa le plus grand émoi, qui marqua le plus fortement les mémoires. Blouin lui-même semblait en avoir des frissons, devant les spectateurs de la Cinémathèque québécoise, lui qui n’y avait même pas été. Kobayashi lui-même en parla en tout premier lieu à Blouin lorsqu’il le rencontra une première fois lors d’une entrevue pour ses études sur son œuvre. Plus que l’accueil extraordinaire qu’il avait obtenu alors – lui qui avait mit jusqu’à se vie conjugale en péril pour mener à terme ce projet presque autobiographique -, c’est le moment où, en quittant le cinéma, il aperçu les rues de Montréal, qui l’a imprégné d’un profond attachement avec cette ville. Alors que tous venaient d’assister à la mort lente de Kaji, héro de la trilogie, affaissé, couvert de neige, les spectateurs sortirent sous une neige nouvelle, qui s’était mise à tomber durant la projection.
5.08.2010
À propos des Étoiles
Un éditorial de Sylvain Lavallée, publié sur le site web de la revue Séquences, émane, sous une critique des pratiques culturelles actuelles, cyniques et individualisées, d’une nostalgie appuyée de l’adoration mystique qu’ont porté, à une époque lointaine, déjà, les spectateurs pour les grandes stars du cinéma hollywoodien. Dans deux articles qu’il cite - ici et ici -, publiés dans le Guardian il y a deux ans, et dans son propre texte, il apparaît que le cinéma s’est trouvé à l’époque comme dernière incarnation de culte de masse, avant d’être à son tour recalé, limité à son rôle divertissant, à son usage privé, individuel.
“From the blurring of religious absolutes and the gradual unfolding of democracy, we came - with uncanny simultaneity - to the dawning of mass society. Once upon a time, gods and princes had taken the best of life and the limelight. But by about 1900, all over the world, enormous inchoate masses were looking for education, their right of opinion and speech, the vote - and a chance at happiness.”
“We do not like our stars - but we don't like ourselves so much. We may be far better off than our families were in 1950 or 1930 or 1900, but we do not trust the happiness on offer now. One reason for that is the bogusness in acting and the way it has reached down though the movies and television to affect all our behaviour. We are all actors now, very skilled with lying, pretending and putting on a sincere show. But that has cut us off from the unquestioned and natural integrity with which people and their feelings grew up in harmony. So stars get trashed and reviled in the press - but that is only a prediction of our self-loathing. You say stardom is dying, but perhaps it is our culture.” - David Thomson -
L’obsession, toute humaine, pour la vérité, et la prétention de son autorité suprême, n’arrive pas, de nos jours, à s’exprimer autrement qu’en opposition à ce qui ne paraît pas réel, ou qui prétendrait faussement être vrai. Mais ne serait-ce pas notre plus grand mensonge que de prétendre que le réel est totalement accessible et qu’il est possible d’en faire notre maître, notre sujet d’adoration? La manifestation consciente d’une invention de l’esprit est plus sincère que la prétention pour un réel concret.
"Il ne faut pas jouer des traits au cinéma, il faut en avoir, et les stars en ont amplement : elles sont des archétypes, elles interprètent toujours un personnage qui s’exprime naturellement de par leurs profils même, de par leurs yeux, leurs visages, leurs silhouettes, etc." - Sylvain Lavallée -
Sigmund Freud - Le malaise dans la culture
5.02.2010
le cinéma écrit - I
« Lorsque ces appareils seront livrés au public, lorsque tous pourront photographier les êtres qui leur sont chers non plus dans leur forme immobile mais dans leur mouvement, dans leur action, dans leurs gestes familiers, avec la parole au bout des lèvres, la mort cessera d’être absolue. »
dans La Poste du 30 décembre 1895 / « La mort cessera d’être absolue… »
tiré de/ Le cinéma: naissance d'un art, 1895-1920 . Daniel BANDA et José MOURE . Champs Flammarion
4.25.2010
Sur la critique

Nouvelle plateforme web, pour le magazine Panorama. Nouvelle initiative : un podcast. Premier sujet très intéressant : l’état de la critique. À écouter.
La définition de la fonction de la critique y reste toujours insaisissable. Marcel Jean arrive à relever un élément de définition concret. Il parle de la légitimité du cinéma qui se manifeste d’abord par le discours critique (le cinéma comme attraction de foire devient un art, les films d’Hitchcock et Hawk deviennent œuvres de grands auteurs). Un cinéma légitime, c’est un média qui se donne le droit d’exister au-delà de la salle obscure. Aussi, la critique, le commentaire réfléchi sur le cinéma, participe au cinéma, le fait, autant que le film se fait en images et en sons. Barthes écrivait, dans Système de la mode, que la mode - telle qu’il pouvait l’analyser sémiologiquement, et telle qu’il su ensuite qu’elle s’incarnait d’abord et vraiment - se retrouvait sous la forme écrite.