7.14.2010
Porky's Review / Internet Archive
5.02.2010
le cinéma écrit - I
« Lorsque ces appareils seront livrés au public, lorsque tous pourront photographier les êtres qui leur sont chers non plus dans leur forme immobile mais dans leur mouvement, dans leur action, dans leurs gestes familiers, avec la parole au bout des lèvres, la mort cessera d’être absolue. »
dans La Poste du 30 décembre 1895 / « La mort cessera d’être absolue… »
tiré de/ Le cinéma: naissance d'un art, 1895-1920 . Daniel BANDA et José MOURE . Champs Flammarion
12.20.2009
une Montagne

Extrait d’un entretien avec Francis Ford Coppola au moment de la promotion de Tetro à Paris en novembre 2009, propos recueillis par Cyril Béghin et Stéphane Delorme. Tiré du numéro de décembre 2009 des Cahiers du cinéma - nº651 –
Alors que nombre de cinéastes émergents se mettent dans tous leur états pour ne pas que le cinéma que l’on connaît soit perdu – lorsque par exemple, on s’entête à faire la gloire de la pellicule, à la voir comme le seul vrai support du cinéma – des cinéastes d’expériences, comme Francis F. Coppola, qui ont marqués l’apogée de ce cinéma à peine centenaire, ne semblent pas du tout complexés de voir qu’ils n’auront jamais terminé d’apprendre comment manier cette matière de son et de lumière en constante évolution :
[…]
Cahiers du cinéma/Durant cette discussion, donc, vous disiez que le cinéma est maintenant plus « malléable », et qu’un réalisateur peut modifier son film jusqu’au moment de la projection…
Francis Ford Coppola/ … ou au cours de la projection…
/ Vous vous imagineriez, dans le futur, comme un projectionniste, envoyant des images partout dans le monde depuis un même endroit?
/ Non, là, avec les spectateur, et plutôt à la manière d’un DJ ou d’un chef d’orchestre dirigeant un opéra.
/Vous avez déjà essayé?
/ Non, pas vraiment. Tout ce que je peux dire c’est que depuis cent cinquante ans, l’art est reproduit techniquement. Cette reproduction était, à l’origine, une nouveauté excitante en elle-même. Aujourd’hui, une œuvre d’art sur DVD ou autre support, on connaît, ça ne vaut plus rien, on peut en obtenir et en copier à n’importe quel moment.
Le cinéma connaît actuellement de graves difficultés. L’époque où les maisons de disques faisaient payer 20 dollars un enregistrement qui leur coûtait 90 cents et où les dirigeants s’achetaient des Ferrari avec l’argent encaissé, cette époque est arrivée à son terme avec l’avènement des réseaux de partage de fichiers. Si vous acheté un disque, ou un film, vous pouvez bien en donner une copie à un ami. Bien sûr, ça fait trembler les bases financières du système. Ajoutez à cela le piratage et la concurrence du sport ou de la télévision-spectacle. Alors le cinéma panique. Regardez toute la course au 3D, ils n’ont même pas réussi à trouver un système sans lunettes, c’est le même cinéma en relief que dans les années 50!
Tout cela pour dire : lorsqu’un fleuve comme le cinéma se heurte à une montagne, il trouve une voie pour continuer à exister. C’est comme une langue qui parfois, et c’est le plus intéressant, va se mêler à une autre. L’allemand s’est mélangé au latin et est devenu, au fil de centaines d’années, une nouvelle langue. Tout le monde croit savoir ce que sont les films parce qu’on vient de traverser un merveilleux siècle de cinéma, mais personne ne sait de quoi ils auront l’air dans quinze ans.
[…]
7.24.2009

Nick Roddick, contributeur au magazine Sight and Sound, dans l’édition de juillet dernier :
«In May, Sony Pictures Entertainment chief Micheal Lynton, sitting on an industry panel in New York, was unequivocal about his attitude towards the web. “ I’m a guy who sees nothing good having come from internet (sic), period,” he said. “It seems to have done damage to every part of the entertainment business by creating this notion that people can get whatever they want right now, for free.” It’s not just a question a matter of money, however. What I suspect they’re really upset about is losing control, […]»
Micheal Lynton n’a pas tort. La notion de gratuité de la culture a effectivement été créée depuis l’arrivée d’Internet. C’est devenu une évidence : qu’on pirate ou non, mais surtout qu’on se rende compte de tous ces site web offrant du contenu gratuitement en toute légalité (theauteurs.com n’en est qu’un des exemples), tout le monde a accès gratuitement à ce qu’il est aussi possible de payer pour dans les salles de cinémas et autres médiums. Et devant l’évidence il ne faut pas se démener. Si les patrons de l’industrie cinématographique (et de la majorité des autres industries culturelles) arrivent à comprendre que l’accès au contenu culturel est complètement transformé, il est difficile de comprendre qu’ils s’entêtent à l’envisager de manière traditionnelle. Si l’industrie culturelle va de moins en moins bien, ce n’est pas en accusant les acteurs de la transformation à l’accès à la culture qu’ils arriveront à rétablir l’équilibre. Ils devraient plutôt tenter de comprendre cette nouvelle réalité et voir plus loin que le bout de leurs lunettes 3D pour arriver à contrôler comme ils y sont arrivés jusqu’à aujourd’hui.
Mais ces institutions sont peut-être trop lourdes pour pouvoir se régénérées. Elles sont appelées à disparaître, si elles ne se transforment pas radicalement. Le tapis pourraient leur glisser sous les pieds… à qui la chance?
6.23.2009
The Auteurs . Juin
Ce mois-ci on nous ofre une sélection de palmes cannoises...
L'Avventura / M. Antonioni Harakiri / M. Kobayashi
Cléo de 5 à 7 / Agnès Varda
The cranes are flying / M. Kalatozov
Cria cuervos / C. Saura
Orfeu negro / M. Camus
... et de restauration de 4 films de cinémas du monde menées par la World Cinema Foundation.
Si vous ne connaissez pas déjà ce site Internet développé par la maison de distribution dvd Criterion, n'hésitez pas à allez vous y inscrire. C'est gratuit.
On y donne accès à une quantité sans cesse grandissante de longs et courts métrages de cinéma du monde en streaming. La qualité est acceptable d'autant plus pour les titres offerts gratuitement à chaque mois. Sinon, au plus cher 5$, vous pouvez commander des films difficiles d'accès. Vous pourrez même obtenir un rabais s'il vous vient ensuite l'envie de commander le coffret dvd par Internet via le site de Criterion.
Seul bémol, le détenteur canadien des droits d'une grande partie des films offerts n'a pas encore lancé une version canadienne de la plateforme et ne semble pas y être intéressé. Résultat: une fraction des films présentés par The Auteurs sont disponibles en streaming dans notre région. Ils mettent par contre beaucoup d'efforts pour offrir un choix de plus en plus diversifiés aux utilisateurs hors U.S. Vous pouvez vous prononcer sur leur forum dans un sujet lancé par les administrateurs de la plateforme concernant l'éventualité d'une plus grande accessibilité pour les utilisateurs canadiens.
Rassembler les morceaux diffus
Il faut espérer que la nouvelle plateforme ne deviendra pas une machine à complaisance et qu'elle saura vivifier et affirmer la présence du cinéma québécois. Il faudra par exemple ne pas se limiter à la description détaillées des productions audiovisuelles mais aussi des différents acteurs qui y ont participer (réalisateurs, producteurs, maison de production, distributeurs, scénaristes, acteurs, investisseurs, etc.) Il faut que ce deviennent un outil concret pour le présent et le futur.
