8.13.2009

« Une fois mon premier film terminé, lorsqu’on me demandait de définir le principe qu’il incarnait, je répondais que la fonction du cinéma, de même que celle des autres arts, était de susciter une expérience – »

Maya Deren . Une anagramme d’idées sur l’art, la forme et le cinéma . 1946 .

 

Le CINéMAS d’automne dernier nous offre un article de Julie Beaulieu sur l’œuvre et la pensée de Maya Deren, artiste cinéaste expérimentale. L’approche de Deren du cinéma et des autres arts était autant imprégnée du monde qui entoure qu’elle imprègne, encore aujourd’hui, le monde du spectateur. Œuvres-processus, ses films, ses photographies et ses textes poursuivent inlassablement leur création de sens. Elle a passé plusieurs années en Haïti au milieu des années 40 pour y tourner des images et étudier les rituels vaudous de la région. Elle deviendra adepte de la religion et de ses rituels qui influencent ses films et écrits. Incapable de rendre, par le montage de ses images, la totalité des rituels et de la mythologie vaudou, elle écrit un livre, Divine Horsemen : The Living Gods of Haïti, qui y arrive avec plus d’acuité. Quelques extraits de l’article de Julie Beaulieu /

 

« Sa conception métaphysique de l’artiste magicien, dont les visées créatrices sont similaires à celles du scientifique, combine les éléments du rituel, du mythe et de la danse, dans la représentation filmique aussi bien qu’écrite. La clef de la compréhension du système de représentation derennien réside ainsi dans la relation qu’entretiennent ces éléments entre eux et avec le tout. –

 

« […] l’art primitif, notamment la danse rituelle, dépasse la simple expression égocentrique de l’artiste moderne. La performance que met en scène le rituel vaudou embrasse effectivement une forme de connaissance universelle, qui renvoie à la mythologie et plus largement au spirituel. Le rituel se définit ainsi comme une production de sens et d’affects, mais aussi comme un phénomène culturel (un culte) et esthétique (une forme d’art). –

 

« Sa forte personnalité oscillant entre la figure de l’artiste magicien et celle de l’intellectuel, transparaît dans ses films, ses articles et sa poésie. Peut-être la figure la plus emblématique du personnage mythique réside-t-elle dans ce dédoublement bien connu des trois Deren assises à une même table [Meshes of the Afternoon], image qui symbolise à la fois la poète, la cinéaste et l’artiste anthropologue. Peut-être aussi, et de manière encore plus forte, le mythe prend-il véritablement forme à la frontière du visible et de l’invisible, mythe qu’incarnera plus tard la cinéaste, métamorphosée en une prêtresse vaudou. »

Julie Beaulieu . Ethnographie, culture et expérimentation : essai sur la pensée, l’œuvre et la légende de Maya Deren . CINéMAS vol. 19 / n˚1 automne 2008 .

 

Ses courts-métrages et le montage posthume de son tournage en Haïti [Divine Horsemen : The Living Gods of Haïti] sont disponible chez Mystic Fire Video.


The Witches Cradle, ne se retrouvant pas sur les DVDs, n'est pas aussi complet que ses autres courts-métrages mais communique tout de même très bien avec le reste de son oeuvre. Le voici, en deux parties:




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